Céline Chouvenc, sculptrice de papier

Céline Chouvenc, sculptrice de papier

Céline Chouvenc, sculptrice de papier

Il est des artistes qui se distinguent tant par leurs créations que par leur terrain de jeu. Céline Chouvenc fait partie de ceux qui nous surprennent, nous captent, nous happent, nous entrainent dans un monde unique et singulier. Sa signature ? Sculpter des créatures en papier d’un mètre quatre-vingt de haut. Un travail saisissant ! 

Céline Chouvenc – Miss Gourmandise

Apprivoiser le papier

Céline a appris à dompter le papier au fil des années. Après avoir obtenu une licence d’art plastique et 20 ans à travailler l’argile, elle découvre le papier et l’apprivoise de manière autodidacte. D’ailleurs, l’artiste stéphanoise travaille le papier comme la terre. « Le papier s’est substitué à l’argile, mais dans un travail de continuité, car je modèle le papier comme je le faisais avec la terre. Grâce au papier, j’ai une liberté totale dans la création puisqu’il fait preuve d’une inépuisable versatilité. » Et puis avec ce matériau, Céline ne s’astreint aucune contrainte. « Seuls les journaux que je récupère et de la colle suffisent ».

Céline Chouvenc – sculpture en cours de réalisation

Depuis 2009, elle explore de façon obsessionnelle les différentes potentialités du papier. Il lui offre de nouvelles possibilités de créations ! De ses mains, elle transforme la matière en sculpture. Les superpositions de couches de papiers colorés viennent s’entremêler et mettre en lumière, animer les silhouettes qu’elle nomme joliment ses « miss ». C’est un travail à la fois « de modelage, de déchirage, de collage, d’emmêlage, de nouage, de superposition et de torsion. » Un travail riche, introspectif, guidé par les émotions de la jeune artiste. Sans compter qu’elle redonne vie à un matériau destiné à être jeté à la poubelle. C’est un travail de récupération, de transformation de la matière, mais aussi de transformation de l’information et de mémoire. Un travail qui fait sens ! 

Céline Chouvenc – Le cri
Céline Chouvenc – Le cri

« Miss », plus que des silhouettes, une ode à la liberté

Ce qui l’anime c’est de sculpter des femmes. Elle décrypte, imagine, retranscrit des visages, des regards, des expressions. Chaque sculpture est unique, comme habitée. Le corps abstrait est une superposition de « cordons » tout en ondulation d’où surgissent le buste et le visage, de manière très lisse. Ensuite, c’est une multitude de morceaux de journaux qui sont collés, modelés, sculptés pour former le visage. « Mes femmes sont libres… elles ne sont pas enserrées par ce cordon, mais surgissent de ce corps ».

Céline Chouvenc – dualité

Chaque « Miss » a son propre style, un caractère singulier, sortant des stéréotypes. Elles sont les opposées de la féminité archaïque. Ce sont des femmes « modernes » des femmes libres, indépendantes, fortes, qui s’affirment. Des femmes sans tabous.

Céline Chouvenc – Miss naughty

Pour les façonner, c’est le journal local qui est utilisé d’où une majorité de tons gris. Des couleurs apparaissent de manière discontinue sur le corps. Le collage se veut majoritairement hasardeux « Je préfère la surprise d’une couleur, d’un mot qui vient se coller là où je ne l’attends pas », confie Céline. Seules les couleurs pour les yeux ou les lèvres sont sélectionnées et se révèlent avec force. 

Céline Chouvenc – Miss nodes #2

Il n’y a pas d’ajout de peinture. Les silhouettes se forment dans un travail de paradoxes, de contradictions et d’oppositions. Ces femmes, sans poitrine, parfois presque androgyne, naissent d’un corps abstrait et d’un visage très réaliste. Comme habitées, elles sont saisissantes et viennent nous cueillir, nous émerveiller.

Céline Chouvenc – Miss naughty

Jessica Venancio – Architecte d’Intérieur – Blogueuse Déco – Chroniqueuse pour Téva Déco

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