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Ce que M6 m’a appris sur la valeur perçue

valeur perçue

La valeur perçue de mon travail a changé au fil de mes passages à la télévision, alors que mon expérience, elle, ne faisait que grandir. Et c’est probablement l’une des leçons les plus intéressantes que j’ai tirées de ces années passées avec le groupe M6.

On m’a souvent dit que, pour moi, trouver des clients devait être facile. Forcément, j’avais fait de la télé !

Je comprends ce raccourci. J’ai eu la chance de participer à plusieurs émissions et cette visibilité m’a évidemment apporté beaucoup de choses. Je ne vais pas prétendre le contraire.

Seulement, il y a un détail dont on parle beaucoup moins : j’ai participé à trois émissions différentes et je n’ai pas attiré les mêmes clients.

Pourtant, j’étais toujours la même professionnelle, avec une expertise qui continuait de s’enrichir au fil des années.

Alors, qu’est-ce qui avait changé ?

Cinq ans avec Téva Déco et un agenda qui se remplissait naturellement

Ma première expérience télévisuelle a commencé avec Téva Déco, aux côtés de Sandrine Dominguez.

À l’époque, l’émission était diffusée sur une chaîne payante et accordait une vraie place à la conception et à la décoration. On prenait le temps de présenter les partis pris, les ambiances, les associations de matières ou encore la réflexion qui se cachait derrière chaque projet.

C’était une manière de montrer mon métier qui me correspondait parfaitement.

Et cela se ressentait dans les demandes que je recevais. Je prospectais très peu, mon carnet de rendez-vous se remplissait naturellement et les clients qui venaient à moi avaient généralement des projets cohérents avec mon savoir-faire, leurs attentes et leurs budgets.

Cette période a duré cinq ans !

Avec le recul, je trouve ça assez révélateur. L’émission ne se contentait pas de me donner de la visibilité. Elle permettait aussi au public de comprendre ce que je faisais et la manière dont j’abordais un projet.

Les personnes qui me contactaient avaient donc déjà une certaine idée de ce qu’elles venaient chercher chez moi.

Avec Mieux chez soi, les demandes ont pris une autre dimension

Quelques années plus tard, j’ai rejoint Mieux chez soi, où le métier d’architecte d’intérieur était présenté sous un angle différent.

On entrait davantage dans la transformation des espaces, les travaux, les contraintes techniques et tout ce qui permet de mener un projet dans sa globalité.

Et là encore, les demandes ont évolué.

J’ai commencé à recevoir davantage de sollicitations pour des projets complets, avec des clients qui recherchaient un accompagnement allant de la conception jusqu’aux travaux et au suivi de chantier.

Ce changement était assez logique, finalement. Les téléspectateurs me découvraient dans un contexte où cette dimension de mon métier était particulièrement mise en avant.

Ils venaient donc me chercher pour cela.

C’est ce qui rend cette expérience intéressante : je n’avais pas soudainement découvert de nouvelles compétences en changeant d’émission. En revanche, le public avait découvert une autre facette de mon travail, et cela influençait directement les projets qu’on me proposait.

Maison à vendre et le poids d’une image déjà installée

Puis est arrivée ma participation à Maison à vendre.

Cette émission avait déjà une identité très forte auprès du public, notamment autour du home staging. L’objectif était de valoriser un bien immobilier pour faciliter sa vente, avec des transformations efficaces, souvent réalisées à partir de l’existant.

Lorsque j’ai rejoint le programme, j’avais d’ailleurs posé mes conditions sur la manière dont je souhaitais travailler. Je n’avais aucune envie de faire du cache-misère ! L’émission cherchait elle aussi à faire évoluer cette partie du programme.

Mais il faut reconnaître une chose : les téléspectateurs avaient déjà leurs habitudes et leur propre représentation de ce qu’ils allaient voir.

Et cette image, installée depuis des années, influençait forcément la manière dont certains nouveaux prospects percevaient mon travail.

J’ai donc vu les demandes changer une troisième fois.

Sauf que, cette fois, quelque chose m’a particulièrement frappée.

Au fil de ces expériences, j’avais gagné en maîtrise, en recul et en expertise. J’avais mené davantage de projets, rencontré de nouvelles problématiques et développé ma façon de travailler.

Ma valeur professionnelle avait progressé, mais la perception que certains prospects avaient de moi ne suivait pas forcément le même chemin.

C’est assez paradoxal quand on y pense !

D’autant que je n’avais jamais cessé d’évoluer dans mon métier. Pourtant, selon l’émission par laquelle une personne me découvrait, elle n’imaginait pas nécessairement le même type de prestation, ni le même niveau d’accompagnement.

La valeur perçue ne suit pas toujours notre expertise

C’est probablement ce que ces trois expériences m’ont appris de plus précieux.

Il existe une différence entre ce que vous savez réellement faire et ce que les gens comprennent de votre travail avant même de vous avoir rencontrée.

La première chose se construit avec les années, les projets, les formations et l’expérience. La seconde dépend en grande partie des éléments auxquels vos futurs clients ont accès.

Dans mon cas, les émissions jouaient un rôle considérable. Elles montraient mon métier à travers des formats, des sujets et des attentes propres à chaque programme.

Pour une architecte d’intérieur ou une décoratrice qui n’est jamais passée à la télévision, le mécanisme reste pourtant assez similaire.

Imaginez que vous ayez commencé votre activité avec de petites prestations de conseil en décoration. Depuis, vous avez développé vos compétences, retravaillé vos offres et vous accompagnez désormais des projets de rénovation bien plus complets.

Mais sur votre site, vos premières réalisations occupent toujours la majorité de votre portfolio. Votre communication parle encore surtout de décoration et les prestations les plus visibles ne correspondent plus vraiment à celles que vous souhaitez vendre aujourd’hui.

Il y a de fortes chances que les demandes continuent de ressembler à votre ancienne activité.

Et ce n’est pas parce que vous manquez d’expertise pour attirer d’autres projets. C’est simplement que les personnes qui vous découvrent n’ont pas encore les éléments pour comprendre ce que vous proposez désormais.

Autrement dit, votre entreprise a évolué, mais l’image que vous en donnez est peut-être restée quelques années en arrière.

Et si vous regardiez votre activité avec un œil neuf ?

Je trouve cet exercice particulièrement intéressant lorsqu’on exerce depuis plusieurs années, parce que notre entreprise évolue souvent sans qu’on pense à faire évoluer tout ce qui l’entoure.

Les offres changent, la manière de travailler s’affine, certaines prestations ne nous intéressent plus autant et notre niveau d’exigence grandit.

Seulement, tout cela n’est pas forcément visible de l’extérieur.

Alors, prenez quelques minutes pour regarder ce qu’une personne découvre lorsqu’elle arrive pour la première fois dans votre univers.

  • Votre site internet présente-t-il les prestations que vous avez réellement envie de développer aujourd’hui ?
  • Votre portfolio met-il en avant les projets qui correspondent à votre positionnement actuel ?
  • Votre communication parle-t-elle aux clients avec lesquels vous souhaitez travailler désormais ?
  • Vos offres et vos propositions commerciales reflètent-elles votre manière d’accompagner et votre niveau d’expertise ?

Ce n’est pas un appel à tout refaire, loin de là. Il ne s’agit pas non plus de renier ses débuts ou de cacher les projets qui ont permis de construire son expérience.

En revanche, rien ne vous oblige à continuer de mettre en avant une version de votre activité qui ne vous représente plus vraiment.

Un ancien projet peut garder toute sa place dans votre histoire sans nécessairement être celui que vous choisissez de présenter en premier.

Et une prestation qui vous a permis de démarrer n’a pas forcément vocation à rester au cœur de votre communication dix ans plus tard.

C’est parfois dans ces ajustements que se joue une bonne partie du repositionnement d’une entreprise.

Faire évoluer son image sans perdre ce qui fait sa différence

Ce que je retiens de mes années avec M6, ce n’est donc pas uniquement le formidable coup de projecteur que ces émissions ont représenté.

C’est surtout la façon dont chaque contexte a influencé le regard porté sur mon travail.

Une même professionnelle peut être perçue très différemment selon ce qu’on choisit de montrer de son métier. Et lorsqu’on construit une entreprise, cette réalité mérite qu’on s’y intéresse.

Parce qu’il serait dommage de continuer à attirer des demandes qui ne vous correspondent plus simplement parce que votre communication n’a pas suivi votre évolution.

C’est aussi l’un des sujets que nous pouvons travailler dans mon accompagnement one-to-one. Pendant cinq semaines, nous prenons du recul sur votre activité pour retravailler votre positionnement, vos offres, votre discours et la cohérence de votre fonctionnement, en tenant compte de ce que vous souhaitez réellement construire aujourd’hui.

Finalement, mes expériences télévisuelles m’ont permis de comprendre quelque chose que je n’aurais peut-être pas mesuré aussi clairement autrement : on peut devenir meilleure dans son métier sans que l’image que l’on renvoie évolue au même rythme.

Et c’est peut-être une bonne occasion de vous poser cette question.

Si une personne découvrait votre entreprise aujourd’hui, sans rien connaître de votre parcours, aurait-elle une idée juste de la professionnelle que vous êtes devenue ?

Allez bisou,

Jessica

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