Une rentrée, un projet, un nouveau contact client… et LA fameuse question revient :
“Est-ce que je dois me déplacer avant que le devis soit signé ?”
Si tu es architecte d’intérieur ou décoratrice, tu l’as déjà vécue mille fois.
D’un côté, l’envie d’être professionnelle, de voir le lieu, de créer du lien.
De l’autre… cette sensation de te déplacer pour rien, de donner trop, trop tôt.
Et crois-moi, si je t’en parle aujourd’hui, c’est parce que j’ai longtemps été de celles qui faisaient la route, l’aller-retour, le café, les explications, le diagnostic… juste pour un projet qui n’ira jamais plus loin qu’un “merci pour votre temps”.
Aujourd’hui, j’ai envie de te proposer un autre regard : celui de la posture, du cadre et de l’énergie investie au bon endroit.
Là encore, je m’écris un peu l’article à moi aussi !
Pourquoi cette question revient tout le temps
Si cette question revient si souvent :
“Est-ce que je dois me déplacer avant de faire un devis ?”
C’est parce qu’elle se trouve exactement au croisement de toutes les insécurités du métier d’architecte d’intérieur et de décoratrice.
Quand tu débutes (et parfois même après plusieurs années), tu portes un mélange de légitimité fragile, d’envie de bien faire et de peur de passer à côté d’une opportunité.
C’est normal : tu tiens à ton travail, tu veux prouver que tu es professionnelle, tu veux montrer que tu es impliquée. Et dans notre métier, on nous a tellement répété que “rien ne vaut une visite sur place” que l’idée de dire non te donne presque l’impression de manquer quelque chose d’essentiel.
Et c’est là que le doute s’installe.
Au début, j’ai fait comme beaucoup : je me déplaçais avant même que le devis soit validé.
Je multipliais les rdv pour des projets qui, parfois, ne voyaient jamais le jour. Certains clients profitaient même du rendez-vous pour glaner quelques conseils gratuits, d’autres comparaient tranquillement plusieurs architectes, devis en main. Pour, quelques jours plus tard, recevoir un message : “Merci pour votre devis, nous avons finalement choisi quelqu’un d’autre.”
Cette fatigue, émotionnelle autant que logistique, je pense que toutes les décoratrices et archis d’intérieur l’ont connue. Et c’est précisément à ce moment là que commence la réflexion sur la visite avant devis. Pas dans la technique, pas dans la procédure, mais dans ton énergie, ta posture, ton respect de toi-même… et ta capacité à structurer ton métier de façon plus juste et plus rentable.
Ce que font réellement les pros
Et là… accroche-toi, parce que c’est très varié. Tu vas lire tout et son contraire et c’est normal : chaque posture correspond à un modèle différent, sans parfois même que tu le saches.
1. Ceux qui offrent la visite gratuite
Une stratégie très répandue chez les débutants ou ceux qui misent sur le volume.
Objectif : rassurer, attirer, montrer leur disponibilité.
2. Ceux qui facturent un “diagnostic” ou un rendez-vous conseil
De plus en plus courant. Le message : “Mon expertise commence dès la première minute.”
Par contre selon moi, en dessous 450€ pour 2h, tu envoies deux signaux différents : une expertise à bas prix…
3. Ceux qui ne se déplacent qu’après signature
Positionnement clair, structuré, premium.
Le déplacement = début du travail, pas outil de prospection.
Aucune méthode n’est “la bonne” dans l’absolu. La seule vraie question, c’est : Quelle est la posture que tu veux incarner ? et avec laquelle tu es le plus alignée, en respectant ton énergie et tes valeurs.
Mon retour d’expérience
A ce stade de l’article, je pense que tu as compris, que j’ai arrêté de me déplacer avant la signature du devis. Le déclencheur premier, la fatigue. Puis le manque de rentabilité et la désillusion…
Et comme toujours dans ces moments-là, j’ai fait ce que je sais faire : j’ai cherché à comprendre.
1. Ce que j’ai observé sur le terrain, mais pas que…
J’ai cherché d’abord dans ce que je vivais, dans ce que je ressentais, mais aussi dans ce que je percevais de mes clients et dans ce que me confiaient mes confrères et consœurs, architectes d’intérieur, décorateurs.
J’ai mis tout ça en perspective avec des repères plus concrets, comme le marketing de services, la psychologie comportementale ou encore la sociologie de la relation client.
2. Ce que j’ai découvert sur la posture
Tout autant de clés qui, mises bout à bout, éclairent énormément ce qui se passe dans la relation professionnelle. Et j’ai fini par comprendre qu’il existe plusieurs niveaux de posture notamment dans notre métier :
– L’exécutante, disponible et réactive, mais souvent à la merci du client.
– La partenaire, impliquée, qui co-construit le projet mais garde encore un pied dans la dépendance.
– Et l’experte, celle qui structure, guide et fixe les règles du jeu.
Ne plus me déplacer avant signature, c’était une façon concrète pour moi, de passer à ce troisième niveau. Ce n’était pas une question d’ego, c’était une question d’énergie, de cadre et de légitimité.
3. La fausse croyance “oui mais toi tu es connue”
Et avant que tu me dises :
“Oui mais toi, ça marche parce que tu es connue”, laisse-moi te raconter ce que j’ai vraiment vécu.
Quand j’étais sur Téva, dans un univers premium, aux côtés de Cendrine Dominguez, j’incarnais un certain niveau d’exigence. Les clients que j’attirais étaient alignés. Ils comprenaient naturellement que je ne me déplaçais pas avant signature et ce n’était même pas un sujet.
Quand je suis passée sur M6, en mode grand public, dans un rôle plus accessible…
J’avais davantage de visibilité, oui ! Mais les clients n’étaient plus du tout les mêmes. Beaucoup moins qualifiés. Et là… le “je ne me déplace pas avant devis” s’est mis à coincer.
Conclusion :
– ce n’est pas tans une question de notoriété.
– c’est une question de posture perçue.
Ce que tu incarnes crée la confiance !
Comment effectuer ce virage
Quand j’ai décidé d’arrêter de me déplacer avant la signature du devis, la vraie question n’a pas été
“Est-ce que je peux me le permettre ?”
Mais “Comment je fais, concrètement, pour que ça fonctionne ?”
Parce que si tu dis simplement “Je ne me déplace plus”, sans rien modifier autour… tu vas clairement te mettre en difficulté.
1. Construire un écosystème cohérent
Et c’est là, que tout commence, car une décision ne vit jamais seule !
Il faut qu’elle soit portée, soutenue, incarnée par tout ce que ton client voit AVANT d’arriver jusqu’à toi :
ton site, ton discours, ton positionnement, ta façon de présenter tes offres, la manière dont tu parles de ton métier, les signaux que tu envoies dès le premier contact.
Pour résumer, tu ne peux pas faire un changement de posture…, si ton univers raconte autre chose.
Et dans ce système global, il y a un point de pivot essentiel : le premier call.
2. Le rôle du premier call
Ce premier appel n’est pas un simple moment d’échange.
C’est, très souvent, la validation implicite de tout ce que ton client a déjà perçu de toi :
ce qu’il a lu, ce qu’il a compris, ce qu’il imagine de ton professionnalisme, de ta posture, de ta manière de travailler.
Et c’est précisément pour cela qu’il doit être préparé.
Je ne peux pas découvrir le projet en même temps que le client me l’explique. Je dois déjà avoir des éléments, une vision, un début de compréhension. C’est pour cette raison qu’ avant ce premier call, je demande un certain nombre d’informations essentielles : photos, plans, zone, contexte, envies, contraintes… pas pour remplacer une visite, mais pour pouvoir tenir mon rôle de professionnelle dès les premières minutes.
Ce call devient alors un moment très particulier : un appel où je cadre, où je qualifie, où je comprends le projet et où je montre que je maîtrise mon process, sans rien “donner” trop tôt.
Et c’est précisément cette préparation-là qui permet de ne plus avoir besoin de se déplacer avant la signature du devis.
3. Que dire si le client s’étonne ?
C’est là que ma phrase « anti-sèche » entrent en jeu.
Je la pose calmement, avec assurance, parce que tout mon système la soutient :
“Pour établir un devis juste, je n’ai pas besoin de me déplacer.
Je travaille toujours à partir de photos, de plans et d’un brief précis.
Ces documents me permettent déjà de comprendre les volumes, d’identifier les contraintes techniques éventuelles et d’évaluer la faisabilité du projet.
La visite sur place intervient ensuite, une fois que nous avons validé ensemble le cadre de la mission.”
C’est important de le préciser :
– cette lecture des plans, des photos et du brief fait partie de notre expertise.
C’est même un des fondements de notre métier.
Nous savons interpréter un espace sans forcément nous y déplacer immédiatement : repérer les circulations, anticiper les points techniques, comprendre les enjeux du lieu.
Et si tu hésites encore à adopter cette méthode, alors que tu en as profondément envie, laisse-moi te rassurer :
je ne suis pas en train de dire que cela suffit pour la partie créative.
Je dis simplement que cela suffit… pour établir un devis.
Découvrir les lieux apporte toujours quelque chose à notre sensibilité, à notre vision, à notre intuition d’architecte ou de décoratrice. Et pour certains d’entre nous, le rapport au lieu est même essentiel, presque viscéral.
Pour d’autres, c’est la lecture du plan qui nourrit l’imaginaire.
Les deux existent.
Les deux sont justes.
Mais cette méthode – le fait de ne pas se déplacer avant la signature – n’empêche absolument pas la créativité.
Elle ne la restreint pas, ne la limite pas.
Elle répartit simplement les étapes différemment :
– La créativité arrive au bon moment, une fois que le cadre est posé, la mission validée, et le déplacement transformé en vraie phase de travail.
✍️ Note personnelle en conclusion
Pour terminer, je voudrais simplement rappeler une chose importante : ne plus se déplacer avant la signature du devis n’est pas la solution. C’est une façon de travailler parmi d’autres, celle qui me correspond aujourd’hui parce qu’elle protège mon énergie, ma rentabilité et la posture que je souhaite incarner.
Peut-être que cette approche te parlera, peut-être qu’elle t’inspirera un ajustement, ou peut-être qu’elle ne sera pas adaptée à ta manière de créer. Et c’est ok. Le vrai sujet n’est pas de choisir la “bonne” méthode, mais de trouver celle qui est cohérente avec ton fonctionnement, ton activité et la relation que tu veux construire avec tes clients.
Si cet article a éveillé une réflexion, alors tu es déjà en train d’avancer. Et si tu as envie d’aller plus loin sur la posture, le cadre et la manière d’accompagner tes clients avec justesse, c’est le cœur de mon travail en mentorat.
Allez, bisou
Jessica
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