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Imperfect is Perfect ou l’art du Kintsugi

Imperfect is Perfect ou l’art du Kintsugi

Grâce au Kintsugi, cet art japonais du XVe siècle, votre porcelaine ébréchée ou brisée ne finira pas à la poubelle ! Au contraire, vous lui donnerez une seconde vie.

En effet, cette technique ancestrale consiste à réparer un objet en collant ses parties cassées à l’aide de poudre d’or (ou d’argent). Preuve en est, le mot « Kintsugi » vient du japonais Kin (or) et Tsugi (jointure), signifiant littéralement « jointure à l’or ».

Kintsugi
©L’avant Gardiste

Une démarche pleine de sens qui consiste à exalter la beauté des pièces cassées ! Au lieu de masquer les lignes de faille, le Kintsugi, permet, au contraire, de les souligner.

Bien plus qu’une technique de réparation, c’est une démarche qui permet de mettre en valeur la pièce réparée, son histoire, son ancienneté. Mais c’est aussi une technique réparatrice non seulement pour la céramique, mais aussi pour les âmes…

Kintsugi
Source Pinterest
©Panduro
©Panduro

Un art salvateur

Dans l’art du Kintsugi, qui dit objet cassé, dit signe de renouveau.

Au lieu de dissimuler ses failles, on les met en valeur. L’idée est de prendre en compte son passé, les accidents qu’il a pu connaitre.

L’objet réparé symbolise ainsi le début d’un nouveau cycle.

Une démarche qui s’inscrit pleinement dans cette volonté de ne rien jeter, mais aussi dans la philosophie et tendance du Wabi-sabi qui prône l’acceptation et la contemplation de ce qui est imparfait, atypique !

©L’avant Gradiste
©Bernardaud

Mais en plus d’être une technique de réparation, une pratique artistique, le Kintsugi fait sens et se nourrit d’une philosophie qui va bien au-delà. En effet, cet art est utilisé comme symbole et métaphore de la résilience en psychologie.

Réparé puis honoré, l’objet cassé renait tout en assumant son passé. Il devient plus résistant, plus beau et plus précieux. Une démarque qui permet d’accompagner la guérison des blessures physiques et/ou émotionnelles, de prendre du recul, comme une invitation à la nouveauté.

Bref, on se répare soi-même !

Kintsugi
©L’avant Gradiste

Une technique de réparation en plusieurs étapes

Avant de se lancer dans la réparation de ses objets, il faut bien avoir en tête les différentes étapes du Kintsugi. Il ne s’agit pas de simplement coller deux morceaux entre eux. Bien au contraire, il s’agit d’un processus long — qui peut durer des semaines, voir des mois — et précis.

Dans un premier temps, les éclats de l’objet cassé sont réunis, puis nettoyés. Puis, ces derniers sont collés à l’aide d’une laque traditionnelle naturelle. Une fois recollé, l’objet est mis à sécher avant d’être poncé.

Kintsugi
Source Pinterest
Kintsugi
©Mikyla Creates, Pinterset

Un travail de préparation essentiel avant de souligner les fissures avec des couches de laque saupoudrées d’or. Il est également possible d’utiliser tout autre métal en poudre comme de l’argent, du bronze, du laiton ou encre du cuivre.

Place enfin au polissage pour révéler tout l’éclat de l’objet !

Notez qu’il existe des kits à Kintsugi pour recoller sa porcelaine casée à l’aide d’un mélange de résine époxy et de poudre d’or ou d’argent.

Que vous optiez pour la technique « classique » ou « clef en main », le Kintsugi est une technique très recherchée. Il parait même que certains cassent volontairement leur vaisselle ou vase précieux pour les transformer, les upgrader…

Photo à la Une : Mikyla Creates, source Pinterset

Jessica Venancio – Architecte d’Intérieur – Blogueuse Déco – Chroniqueuse pour Téva Déco

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